Accord entre les États-Unis et l’Iran : les conditions de la paix

Les États-Unis et l’Iran s’apprêtent à signer un accord de paix, vendredi 19 juin, à Genève. Le texte, très attendu, a été annoncé maintes fois par Donald Trump. Le président américain s’est fait une spécialité, ces dernières semaines, de prophétiser l’imminence d’un accord qui a donc fini par arriver. La volatilité de la parole du président américain, l’instabilité du Moyen-Orient, ainsi que les pas qui restent à accomplir nous invitent évidemment à la prudence. Pour autant, nous pouvons nous réjouir de la fin de la guerre et de l’abaissement des tensions militaires.

L’espérance prudente qui est la nôtre doit aussi s’accompagner d’un rappel : la paix ne consiste pas seulement dans le silence des armes. Elle n’est pas non plus le fragile équilibre entre des forces ennemies, plus ou moins armées. En réalité, le cessez-le-feu n’est qu’un point de départ vers la paix. Un point de départ qui passe nécessairement par la recherche de la justice et même, écrivait déjà le pape Pie XI dans les années 1920, de la charité.

De fait, la route est encore longue. La signature de l’accord, par les États-Unis et l’Iran, ne doit pas seulement engager de nouvelles négociations thématiques, comme les deux parties le prévoient. Elle doit aussi contribuer à faire basculer la région dans une autre logique, celle de la recherche du bien commun. Un bien commun qui passe par un relâchement de la pression sur l’économie mondiale, dont les soubresauts ont provoqué ces dernières semaines famines et pénuries ; mais aussi par l’intérêt des populations elles-mêmes. Depuis des semaines, les habitants de la région, en particulier en Iran et au Liban, vivent un « enfer » maintes fois promis par le président américain. Il est grand temps que cela cesse.

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