Rio de Janeiro (Brésil), correspondance
Le Venezuela, Trump, les violences faites aux femmes… En visite samedi 23 janvier au congrès national du Mouvement des sans-terre (MST) dans l’état de Bahia, le président Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, aura abordé presque tous les sujets du moment — sauf celui de l’accord de libre-échange entre les pays du Mercosur et l’Union européenne, officiellement ratifié six jours plus tôt.
Et pour cause : dans son auditoire, composé de paysans sans terre et de petits agriculteurs, la plupart s’opposent au traité, dont ils se sentent exclus. « Nous ne sommes pas contre l’accord juste pour faire joli. Un autre accord aurait pu être fait, s’il y avait eu un processus d’écoute et de dialogue des petits paysans, des pays du Mercosur comme ceux des pays européens », dit Anderson Amaro, coordinateur national du Mouvement des petits agriculteurs, lui-même présent lors de la venue de Lula.
« Nous n’avons pas encore les structures nécessaires pour concourir au niveau international »
En toile de fond, le leader paysan décrit un secteur largement démuni, et négligé par l’État. « Jusqu’aux premiers mandats de Lula [2003-2011] les petits agriculteurs ont toujours été oubliés des politiques publiques fédérales. Nous n’avons pas encore les structures nécessaires pour concourir au niveau international », déplore-t-il.
Le gouvernement de l’ancien syndicaliste a beau avoir alloué 89 milliards de reais (plus de 14 milliards d’euros) à « l’agriculture familiale » pour 2025-2026, la somme fait pâle figure face aux 516 milliards de reais d’aides (81,6 milliards d’euros environ) attribuées à « l’agriculture entrepreneuriale ».
Faible mécanisation, dépendance aux intermédiaires…
Le secteur souffre pourtant d’importantes défaillances : souvent éloignés des centres urbains, les petits producteurs sont largement dépendants des…
Auteur: Raphaël Bernard

