Accros au travail, les « workaholiques » ne seraient-ils que des perfectionnistes passionnés ou névrosés ?

Recherche de sens, grande démission, quiet quitting, valeur travail, absentéisme… Depuis l’épidémie de Covid et les conflits sur les retraites, le chômage ou les aides sociales, la question du rapport au travail s’impose dans le débat public. Le gouvernement, notamment, a invité les partenaires sociaux à dessiner « d’ici la fin de l’année » un « pacte de la vie au travail », qui lui-même pourra se nourrir des conclusions des Assises du travail rendues le 25 avril dans le cadre de du Conseil national de la refondation.

Pour les uns, les Français et notamment les plus jeunes, seraient démotivés, ne voudraient plus travailler, auraient perdu le sens du sacrifice ; pour d’autres, ce sont l’organisation, les modes de management des entreprises et la précarisation de l’emploi qui empêcheraient de trouver du sens aux efforts consentis.

Dans ce contexte, s’intéresser aux phénomènes d’addiction au travail, ou workaholisme en anglais (contraction des mots « travail » et « alcoolisme »), comme nous le faisons dans un ouvrage récent, peut paraître paradoxal mais n’en est pas moins instructif. Cette notion s’est développée en Amérique du Nord et l’intérêt qu’elle a suscité reflète les évolutions du marché de l’emploi et de la société outre-Atlantique. Début 2023, on comptait encore sur le site google scholar 35 fois plus d’articles scientifiques traitant de l’addition au travail en anglais qu’en français.

L’addiction au travail, une affaire individuelle ?

Selon l’historien étasunien Peter Stearn, l’addiction au travail en tant que concept, mais aussi en tant que pratique, trouverait sa source dans l’idéologie du travail comme valeur en soi. Celle-ci s’est développée au sein des classes moyennes traditionnelles, artisans, commerçants et autre profession libérale au XIXe siècle, c’est-à-dire dans des groupes qui devaient effectivement leur position sociale à leur…

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Auteur: Marc Loriol, Directeur de recherche CNRS, sociologue, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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