Perpétuité. C’est ce qu’encourt Loïk Le Priol, accusé d’avoir tué Federico Aramburú, rugbyman argentin, en mars 2022, à l’issue d’une altercation dans un bar, le Mabillon, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, à Paris. Ancien du GUD, groupuscule d’extrême droite aujourd’hui dissous, l’homme de 32 ans doit être jugé, ce lundi 7 septembre, lors d’un procès qui doit durer trois semaines. Il comparaîtra auprès de Romain Bouvier et Lyson Rochemir, présents cette nuit-là.
Ce soir de mars 2022, Federico Aramburú fêtait avec Shaun Hegarty, ancien joueur de l’équipe de rugby de Biarritz, un contrat tout juste conclu pour leur agence de voyages. Une altercation démarre avec deux hommes assis à une table voisine, qui dégénère en bagarre. Les sportifs ne le savent pas, mais ces hommes sont des militants d’extrême droite. Ils finissent par quitter le bar. « Je vais le tuer », aurait dit Loïk Le Priol à un serveur du Mabillon alors que les rugbymen étaient partis.
Shaun Hegarty et Federico Aramburú se rendent dans un hôtel pour demander des poches de glace. Il est 6 heures du matin. En sortant, ils voient une jeep arriver, conduite par Lyson Rochemir, la compagne de Loïk Le Priol. Le premier à tirer est Romain Bouvier, qui comparaîtra pour tentative d’assassinat. Quelques instants après, Le Priol vise à son tour Federico Aramburú – six tirs en quatre secondes, à un mètre de distance –, qui décédera de ses blessures.
Un ancien soldat violent
Issu d’une famille d’extrême droite, fils d’un ancien parachutiste, Loïk Le Priol a servi au sein des forces armées françaises dans l’opération Barkhane, au Sahel. Lors de son interrogatoire de première comparution, Loïk Le Priol expliquait qu’il avait tiré par « pur réflexe » et qu’il n’était alors « plus lui-même », « pas là », qu’il était « en Afrique ».
Le militant…
Auteur: Pauline Migevant
