La Sologne et le Berry sont de paisibles territoires, traversés par la Loire et parsemés de forêts. C’est au cœur de cette région idyllique que la France produit des missiles, des canons et des blindés militaires. On y trouve plusieurs sites militaro-industriels, notamment ceux de la firme KNDS, le numéro 1 des chars de combat, qui vend des obus et les célèbres canons César. Il y a aussi MBDA, champion de la fabrication de missiles. Et des missiles, l’armée française en utilise de plus en plus, notamment avec ses avions de guerre au Proche-Orient ces dernières semaines. Après avoir doublé sa production de munitions entre 2023 et 2025, la firme annonce une hausse de sa production de 40% en 2026 et veut continuer d’accélérer.
En janvier, Macron réunissait les industriels français de la guerre pour leur demander «d’aller plus vite» dans la production. En juillet dernier, il leur demandait «d’innover plus rapidement, de produire plus rapidement, de produire de la masse nouvelle». Le message a été bien reçu en Sologne. L’entreprise MBDA veut doubler sa surface dans la commune de la Selles-Saint-Denis, en Loire-et-Cher. Le site actuel de 266 hectares va augmenter de 279 hectares. L’an dernier, MBDA avait déjà acheté de nouvelles machines pour fabriquer plus de missiles. Et l’entreprise organise des recrutements en urgence pour faire tourner l’usine. Sur le site France service, il est écrit : «Pas de CV, pas de diplôme, pas d’expérience» requise. Juste de la chair à patron pour armer la chair à canon.
Pour les riverains, cette extension est aussi un désastre écologique : 51 hectares de végétation défrichée, 15 hectares de zones humides détruites, une artificialisation des sols. Cela représente aussi un danger industriel, avec l’usage massif de produits explosifs et toxiques.
Plus de 24 collectifs, syndicats, associations et groupes d’habitants s’opposent au projet. Vendredi 6 mars…
Auteur: B

