Actualité des médias : Bolloré met la main sur Europe 1, sabotages et pressions contre Morgan Large, grèves dans les rédactions…

Du côté des journalistes, des éditocrates et de leurs œuvres

– La voiture d’une journaliste enquêtant sur l’agro-industrie bretonne sabotée – Depuis son apparition dans un documentaire portant sur les ravages humains et environnementaux de l’agro-industrie bretonne (« Bretagne, une terre sacrifiée », France 5, nov. 2020), la journaliste Morgan Large subit des menaces et des intimidations régulières. Comme l’énumère Le Monde (10/06) : tentative d’effraction à Radio Kreiz Breizh, où elle anime une émission ; ouverture de l’enclos de ses chevaux ; intoxication de sa chienne ; appels anonymes en pleine nuit. Une limite a été franchie lorsque la journaliste a découvert qu’elle roulait depuis plusieurs jours avec sa famille dans sa voiture… sabotée : les boulons d’une roue avaient été dévissés. Une enquête de police a été ouverte et une manifestation de soutien organisée à Rostrenen, à l’initiative de Solidaires et du collectif Kelaouiñ. Un soutien que les rédactions ne témoignent pas toutes frontalement : un article d’Arrêt sur images (23/04) pointe notamment l’usage quasi systématique des guillemets pour évoquer le sabotage criminel de la voiture de Morgan Large…

– Assassinat de deux journalistes au Mali : l’Onu entravée par le secret-défense français – Huit ans après le meurtre des journalistes de Radio France International Ghislaine Dupont et Claude Verlon à Kidal au Mali, l’enquête patine toujours. Dans un courrier officiel adressé au gouvernement français, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, Agnès Callamard, dénonce une « absence de coopération de la part des autorités militaires françaises », qui constituerait un « frein à la manifestation de la vérité ». D’après Libération (4/04), « Agnès Callamard estime en effet que les « zones d’ombre troublantes » qui subsistent huit ans après le meurtre des reporters « sont largement le résultat direct de l’absence de coopération de la part des autorités militaires françaises ». En cause, notamment, une utilisation abusive du secret-défense, selon la responsable de l’ONU. Certes, en décembre 2015, le ministère de la Défense a remis 100 documents « déclassifiés » au juge d’instruction, puis une centaine d’autres en février 2016 et enfin une troisième série de 21 documents à la suite d’une nouvelle demande du juge, en août 2016. Mais « les documents demeuraient largement caviardés, note Agnès Callamard. Des pages et des passages entiers…

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Auteur: Benjamin Lagues, Jérémie Fabre Acrimed