À quelques jours de l’ouverture de la COP30 au Brésil, l’ONU pose sur la table un épineux dossier. Dans un rapport publié le 29 octobre, son programme pour l’environnement détaille la somme nécessaire pour opérer l’adaptation des pays en développement face à la crise climatique. Et celle-ci est estimée à 268 milliards d’euros par an en 2035.
Problème : pour l’heure, les financements publics sont bien moindres. En 2023, seuls 22,5 milliards d’euros avaient été récoltés dans ce cadre-là. C’est encore moins que l’année précédente, où l’enveloppe avait atteint 24 milliards d’euros. Quoi qu’il en soit, ces modestes sommes restent 12 à 14 fois inférieurs aux besoins réels pour que ces États aient de quoi répondre à l’un des plus grands défis du XXIᵉ siècle.
En 2021, lors de la COP26, les pays membres de l’ONU avaient pourtant accordé leurs violons pour signer le Pacte de Glasgow. Objectif : doubler d’ici 2025 le financement public international de l’adaptation par rapport aux niveaux de 2019. Si les tendances actuelles se confirment, celui-ci tombera définitivement à l’eau.
Malheureusement, le fiasco de la COP29 en Azerbaïdjan n’a pas résolu l’équation. Si une nouvelle enveloppe — appelée NCQG dans le jargon des diplomates — a bien été actée, celle-ci est trop faible pour combler le déficit accumulé.
La COP30 saura-t-elle rééquilibrer la balance de la dette climatique ? Dans une triste ironie du sort, les pays participant le moins au changement climatique sont aussi ceux en subissant les plus tragiques répercussions. À l’inverse, les États les plus riches, historiquement responsables, disposent des meilleurs outils pour s’en prémunir.
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