Additifs conservateurs : deux grandes études suggèrent des liens avec un risque accru de cancers et de diabète de type 2

Les additifs conservateurs sont présents dans de nombreux types d’aliments. Or, deux nouvelles études épidémiologiques d’ampleur suggèrent l’existence d’un lien entre leur consommation et un risque accru de cancer et de diabète de type 2. Anaïs Hasenböhler, qui conduit ces travaux, et Mathilde Touvier, qui dirige l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Cress-Eren, Inserm/Inrae/Cnam/Université Sorbonne Paris Nord/Université Paris Cité), ont répondu à nos questions.


The Conversation : En quoi ont consisté vos travaux sur les additifs conservateurs ?

Mathilde Touvier : Les deux études publiées en janvier s’inscrivent dans le cadre de notre projet de recherche sur les conséquences pour la santé résultant de la consommation d’additifs alimentaires. Depuis environ cinq ans, nous explorons cette voie afin de déterminer si elle peut expliquer les effets sur la santé des aliments industriels, notamment transformés ou ultratransformés.

Dans la lignée de nos précédents travaux sur les émulsifiants ou les édulcorants, nous nous sommes penchés sur la question des conservateurs, qui sont des additifs que l’on retrouve dans de nombreux produits : environ un produit sur cinq répertorié dans la base de données Open Food Facts en contient.

Pour cela, nous avons employé les données collectées dans le cadre de la cohorte NutriNet-Santé, dont l’originalité est de permettre, du fait de la finesse des données recueillies (marques des produits industriels consommés, dosages d’additifs dans certains aliments et boissons, questionnaires répétés sur plusieurs années…), de quantifier les expositions des participants à ces additifs, sur le long terme (le suivi depuis plus de quinze ans pour les premiers inclus). Durant les deux premières années du suivi, 99,7 % des participants ont été exposés à au moins un conservateur, d’où l’importance de s’intéresser à leur impact à long…

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Auteur: Mathilde Touvier, Directrice de l’Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle, U1153 Inserm,Inrae, Cnam, Université Sorbonne Paris Nord, Université Paris Cité, Université Paris Cité

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