Adèle Haenel censurée : le double standard du service public

La Grande Librairie, sur France 5, 9 septembre 2026. Parmi les invité·es d’Augustin Trapenard, il y a Adèle Haenel, comédienne et militante, venue parler de son premier roman, Viser juste, qui vient de paraître. Comme le veut la tradition, en fin d’émission, elle a carte blanche dans la pastille « Droit dans les yeux ». Adèle Haenel se lance, ses grands yeux bleus plantés face caméra.

Elle parle du viol. En avril 2026, le réalisateur Christophe Ruggia a été condamné à cinq ans de prison en appel pour les agressions sexuelles qu’il lui a fait subir. Mais surtout, elle parle des mots pour le dire, de ce moment comme un plongeoir où « il faudra courir et sauter dans un mot, et le reste de la phrase suivra, comme une chute irrémédiable ». Et elle offre un parallèle avec d’autres mots, qu’il faut dire pour ne pas que « suinte, à chaque instant, l’acceptation par tous de l’inacceptable ».

L’État d’Israël commet un génocide en Palestine. Et la France est complice. N’acceptez pas l’inacceptable.

A. Haenel

Ces mots, elle les dit : « Ce fauteuil où je m’assois est un plongeoir. Le premier mot sera un saut dans le silence télévisuel qui englue le pays. Ce brouhaha médiatique, qui masque sans répit l’absence omniprésente de certaines paroles. Pareillement, la phrase est courte. Et pareillement j’ai peur. Mais puisque je suis ici, il faut parler pour dire ce qu’il y a dans ce silence, afin que tout le monde l’entende. L’État d’Israël commet un génocide en Palestine. Et la France est complice. N’acceptez pas l’inacceptable. Alors sanctionnez Israël, et libérez la Palestine. » Elle acquiesce. Elle a terminé. Trente secondes frappantes, au message droit et clair. Vingt secondes qui vont valoir censure de toute l’émission.


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Auteur: Pauline Bock