Un vent de contestation souffle sur l’aéroport de Beauvais-Tillé, alors qu’un projet d’expansion majeure de son trafic aérien est actuellement en cours de négociation. À la veille de l’adoption d’un nouveau contrat de délégation de service public (DSP) pour les 30 prochaines années, les associations locales et les défenseurs de l’environnement expriment leurs vives inquiétudes quant aux conséquences du doublement du trafic aérien. Déterminés, ils se mobilisent pour en demander le plafonnement.
Le 29 avril dernier, le Syndicat mixte de l’aéroport de Beauvais-Tillé (SMABT), qui réunit une douzaine d’élus, a décidé de confier la gestion de l’aéroport à un consortium composé de Bouygues, Egis et d’un fond de pension espagnol, Serena Partners.
Ce dernier propose un plan de développement pharaonique, prévoyant d’ici 2053 de doubler le nombre de passagers par an, passant des 4,6 millions actuels à 9,4 millions. Le contrat de DSP, un marché de 4 milliards d’euros, devrait être signé courant juin. Alors que la France s’est engagée à la neutralité carbone d’ici 2050, les citoyens s’inquiètent d’une feuille de route qui impliquerait l’émission d’environ 1 million de tonnes d’CO2e par an, soit l’empreinte carbone du numérique en France.
Un projet pharamineux
Beauvais-Tillé est le 10e aéroport de France en termes de passagers, alors qu’il est implanté dans une commune de 55 000 habitants. Il s’agit en fait du 3e aéroport de Paris, spécialisé dans le low-cost. Avec Ryanair qui assure 93% de ses vols, des prix attractifs font venir les franciliens pour s’envoler vers leur destination de vacances.
Accueillir 9,4 millions de passagers par an d’ici 2050, se traduirait par un doublement des mouvements d’avions, passant de 24 000 à 53 000 mouvements par an. Le projet prévoit, pour atteindre ces objectifs, d’ajouter 40 nouvelles destinations, en faisant venir de nouvelles compagnies…
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Auteur: Tribune

