Voilà un enjeu de plus pour la présidentielle, et non des moindres : l’Ukraine. Le Rassemblement national a beau avoir déployé ses plus beaux atours pour se « relooker », on ne se refait pas. Le parti de Marine Le Pen a un vieux tropisme poutinien qui risque d’être très embarrassant dans les prochains mois. L’homme qui a remis une pièce dans la machine n’est autre que Louis Aliot, vice-président du parti d’extrême droite. Interrogé le 3 septembre sur BFMTV, il a déclaré sans ambages : « Tout le monde est à l’os, et on trouve de l’argent pour aller encore financer des armes pour défendre l’Ukraine. » Version renouvelée du « Mourir pour Dantzig ? » du futur fasciste Marcel Déat en mai 1939. Déat proposait alors, au nom du pacifisme, que l’on cède à Hitler cette « ville libre » enchâssée dans la Pologne ; Aliot abandonne l’Ukraine à Poutine au nom de la rigueur budgétaire.
Marine Le Pen a repris son antienne de “la grande conférence pour la paix”. Chef-d’œuvre d’hypocrisie, puisque Poutine refuse toute négociation.
Mais pourquoi cette sortie maintenant, alors que Marine Le Pen, qui n’en pense pas moins, se faisait plutôt discrète sur le sujet ? Le maire de Perpignan a-t-il voulu accentuer la fracture entre la candidate et Jordan Bardella qui s’est toujours déclaré en faveur de l’aide à l’Ukraine ? Le président du RN, en visite en Angleterre où il était l’hôte du leader d’extrême droite Nigel Farage, a cru bon de réagir, rappelant, non sans ambiguïté, que « la France continuera d’honorer ses engagements » mais que le pays « est ruiné et qu’il serait donc bien irresponsable de promettre de l’argent que nous n’avons pas ». À une petite nuance rhétorique près, on n’est pas loin de Louis Aliot. Contrainte de répondre elle aussi, Marine Le Pen a repris son antienne de « la grande conférence…
Auteur: Denis Sieffert
