Amnésie collective, stupidité profonde ou foutage de gueule ?
S’ils n’étaient pas en enfer, ils rigoleraient probablement de l’affaire qui agite le petit monde médiatique depuis trois jours : les fondateurs du Front National. Le parti est créé octobre 1972, lors d’une réunion groupusculaire avec 70 personnes. Leur symbole ? Une flamme tricolore copiée sur un mouvement de nostalgiques de Mussolini en Italie.
À l’époque, ce parti confidentiel réunit des néo-nazis, d’anciens collaborationnistes, des SS, des colonialistes et des criminels de guerre. Parmi les fondateurs, Pierre Bousquet, ancien de la division SS Charlemagne, fidèle parmi les fidèles à Hitler, qui a défendu Berlin jusqu’au bout. Autrement dit, l’un des membres les plus importants de l’histoire du RN s’est engagé volontairement parmi les unités les plus féroces du Troisième Reich et combattait encore fanatiquement pour la croix gammée jusqu’au dernier jour de la guerre.
On trouve aussi, Roger Holeindre, de l’OAS, Organisation Armée Secrète, groupe terroriste qui voulait maintenir l’Algérie française, qui a tué près de 3000 personnes et tenté d’assassiner De Gaulle. Figurent aussi Alain Robert, du groupe fasciste Occident ou François Brigneau, ancien collaborateur zélé. On trouve encore François Duprat, «Nationaliste révolutionnaire» ancien du groupe fasciste Ordre nouveau et négationniste forcené. Et bien sûr Jean-Marie Le Pen, ayant pratiqué la torture en Algérie et révisionniste notoire, mais est-il utile de le présenter ?
Ce micro-parti va s’imposer progressivement dans les années 1980, à mesure que les espoirs de changement portés par la gauche disparaissent, avant d’imposer toutes ses idées dans la classe politique. «L’insécurité» puis l’Islam vont devenir des obsessions nationales, et la police une nouvelle religion d’État. Ainsi, le FN va bénéficier, peu à peu, d’une…
Auteur: B
