Le rapport de la commission d’enquête indépendante sur les violences commises à Notre-Dame de Bétharram a été rendu public samedi 20 juin. « On a affaire à une véritable perversion » systémique, qui a touché plusieurs centaines d’enfants entre les années 1950 et 1990 dans plusieurs établissements de la congrégation, affirme dans nos colonnes le président de la commission Jean-Pierre Massias. Avec pour fondement, le silence. Plus exactement, la parole empêchée, dévalorisée ou rendue inaudible.
Les enfants parlent, mais qui les écoute ?
Étymologiquement, l’enfant est « celui qui ne parle pas ». Une aubaine pour les adeptes d’une perpétuation de la culture du silence, dévastatrice. Beaucoup d’enfants victimes bravent cet interdit et parlent bel et bien. Il est aisé de concevoir ce qu’il faut de force pour une personne dépendant psychiquement et matériellement de son environnement, familial ou institutionnel, pour en dénoncer une faille ou un abus. Sont-ils écoutés à la hauteur de leur courage ?
Depuis l’affaire Outreau, au début des années 2000, qui avait entraîné un recul dans la prise en compte de leur parole, des progrès ont été réalisés. Le travail du juge, qui consiste à caractériser les infractions pénales et confronter les dépositions des victimes et des agresseurs présumés avec les preuves matérielles, ne peut être mené à bien sans un recueil irréprochable de leur témoignage.
Il est temps que la société réagisse
Si elles existent, les fausses accusations sont exceptionnelles. Et sont à mettre en regard des trois quarts des plaintes pour violences sexuelles sur mineur classées sans suite.
Beaucoup reste à faire, si on considère l’impunité avec laquelle les agresseurs présumés ont perpétré leurs crimes dans les récentes affaires d’abus sur les enfants, à Bétharram, dans le périscolaire ou dans le contexte de la mort de la…
Auteur:

