En première instance, fin 2023, ils étaient plusieurs centaines, venus des quatre coins de la France pour garnir les bancs de la 16e chambre du tribunal judiciaire de Paris. Ils s’étaient réunis pour témoigner de leur soutien aux « inculpé·es du 8 décembre », des militants d’extrême gauche poursuivis pour avoir fomenté des actions terroristes contre des « cibles institutionnelles ». Tous ont été interpellés le 8 décembre 2020.
Gaël*, Rennais d’une soixantaine d’années, était déjà là. « On était venus à cinquante en bus de Bretagne, se remémore-t-il. Mais le temps a passé, il y a beaucoup moins de monde aujourd’hui. » Pour l’ouverture du procès en appel, lundi 4 mai, quelques dizaines seulement font comme lui la queue devant le Palais de justice de l’île de la Cité, à Paris. Sur un banc près de l’entrée, une affiche du collectif de soutien aux prévenus est collée, sur laquelle est inscrit : « Qui terrorise qui ? »
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À cette question, les réponses divergent. Pour la justice, ce seraient les sept prévenus, condamnés en première instance pour « association de malfaiteurs terroriste » à des peines allant de deux à cinq années d’emprisonnement. Pour leurs soutiens, ce sont les institutions policière et judiciaire, dont ils dénoncent la répression : Florian D., alias Libre Flot, l’un des prévenus, a notamment passé 16 mois à l’isolement en détention provisoire, et n’en est sorti qu’après une grève de la faim ayant engagé son pronostic vital, au printemps 2022.
Criminaliser les opinions
Car le dossier sur lequel reposent les condamnations pose question. Parmi les éléments à…
Auteur: Martin Eteve

