Mâcon (Saône-et-Loire), reportage
Les drapeaux jaunes de la Confédération paysanne et ceux, blancs et rouges, de la Ligue des droits de l’homme flottaient jeudi 9 octobre boulevard Henri Dunant à Mâcon. Plus de 200 personnes étaient au rassemblement organisé par la Confédération paysanne afin de demander justice pour Jérôme Laronze, un peu plus de 100 mois après son décès. Ce paysan de Saône-et-Loire, éleveur de vaches, a été tué par un gendarme le 20 mai 2017, mais aucun procès n’a encore eu lieu et les proches craignent un classement de l’affaire.
« Ça fait 8 ans et demi que ça dure, on voit clairement que la justice n’a pas le courage de condamner la gendarmerie », dénonce Philippe Fournier, porte-parole du Comité Vérité et Justice pour Jérôme Laronze, corne de brume autour du cou.
Symboliquement, l’action a démarré devant la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), service administratif responsable des contrôles abusifs dont l’éleveur s’estimait victime, ce qui a été officiellement reconnu par la justice en 2020.
Le cortège a quitté la DDPP pour rejoindre la préfecture en longeant les quais de Saône. De nombreux membres de la Confédération paysanne, de toute la Saône-et-Loire, mais aussi d’autres départements, étaient là en soutien, ainsi que des militants de la LDH, d’Attac et de simples citoyens. Deux chevaux de trait ont ouvert la marche, suivis de plusieurs tracteurs. Sur une remorque, la fanfare faisait vibrer les tambours.
Dans la foule, Liliane Goyard, 69 ans, a fait le déplacement depuis Paray-le-Monial à une soixantaine de kilomètres de Mâcon. Petite-fille de paysans, elle est très touchée par l’histoire de Jérôme Laronze. « Je ne peux pas admettre qu’on écrase les agriculteurs. Ce sont eux qui nous nourrissent », dit-elle en essuyant des larmes.
Devant la préfecture, les manifestants ont accroché leurs banderoles…
Auteur: Estelle Levresse

