L’enquête a duré dix ans, le procès trois mois… et le délibéré plus de trois heures. Nicolas Sarkozy et douze autres prévenus ont été fixés sur leur sort, après que la justice s’est penchée sur « l’affaire libyenne ». Tout avait démarré en avril 2012, avec une enquête de Mediapart portant sur le possible financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy par le dictateur libyen Mouammar Kadhafi.
Accusé de corruption passive, de détournement de fonds publics, de financement illicite de campagne électorale et d’association de malfaiteurs, l’ancien chef de l’État – déjà condamné en appel dans l’affaire Bygmalion et en cassation dans l’affaire Bismuth – a écopé, ce 25 septembre, d’une peine de prison ferme. Une première pour un président de la République. Pour vous aider à comprendre ce dossier tentaculaire, Politis et Regards décortiquent le délibéré du tribunal correctionnel.
Nicolas Sarkozy
Personnage principal de « l’affaire libyenne », l’ancien président de la République a été relaxé des délits de corruption passive, de détournement de fonds publics (libyens) et financement illicite de campagne électorale. Une relaxe ne signifie pas forcément que le délit n’a pas eu lieu : elle peut aussi être prononcée lorsque la justice n’a pas suffisamment de preuves pour entrer en voie de condamnation.
En revanche, Nicolas Sarkozy a été reconnu coupable d’association de malfaiteurs, et condamné à :
- Cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt différé. Le mandat de dépôt différé implique une incarcération dans les mois à venir. Même s’il fait appel de cette décision (ce qu’il a déjà annoncé), Nicolas Sarkozy sera donc emprisonné avant le deuxième jugement. Il est convoqué le 13 octobre par le parquet national financier (PNF) pour fixer la date de son incarcération, qui…
Auteur: Salomé Dionisi

