L’affaire Nahel et les violences urbaines qui ont suivi son décès dans le cadre d’un contrôle policier ont donné lieu à une multiplication de prises de position et d’initiatives de responsables politiques de tous bords. Beaucoup sont apparues comme des réactions manichéennes et ont semblé destinées à en tirer un avantage politique.
Les stratégies opportunistes et de récupération ne sont pas des phénomènes nouveaux en politique et concernent toutes les tendances. Leur analyse éclaire néanmoins les défis auxquels font face Les Républicains (LR), suite aux turbulences traversées par le parti lors de la réforme des retraites et à la destitution d’Aurélien Pradié de son poste de vice-président.
Opportunisme et récupération politiques
En 2002, l’agression d’un retraité au visage tuméfié à Orléans quelques jours avant le 1re tour de l’élection présidentielle avait choqué nombre de personnes et avait été largement commentée. Les responsables de droite et d’extrême droite l’avaient présentée comme le symbole du laxisme en matière de sécurité du gouvernement de Lionel Jospin, justement candidat à l’élection présidentielle. Battu quelques jours plus tard par Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen lors du 1re tour, certains observateurs avaient estimé que la récupération de ce fait divers avait effectivement contribué à la défaite du candidat socialiste.
Parfois les situations peuvent permettre aux politiciens de se mettre eux-mêmes en scène. Le 13 mai 1993, la prise d’otages de jeunes enfants d’une école maternelle à Neuilly avait donné lieu à l’intervention dans la négociation avec le preneur d’otages de Nicolas Sarkozy, alors maire de la ville et peu connu du grand public. Sa sortie de l’école, tenant dans les bras l’un des écoliers, avait fait la une des journaux. Malgré les polémiques provoquées par le rôle joué par l’élu gaulliste, elle avait contribué à…
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Auteur: Olivier Guyottot, Enseignant-chercheur en stratégie et en sciences politiques, INSEEC Grande École

