Que n’a-t-on pas entendu ? De la « haine » de la juge pour Nicolas Sarkozy, au « coup d’État judiciaire » (Henri Guaino sur France 2), en passant par la fine allusion au « pétainisme » de la magistrature en 1940 (Guillaume Durand dans La Tribune Dimanche). Depuis la condamnation de l’ancien président par le tribunal correctionnel de Paris, c’est tout une classe qui se rebelle contre la justice. Un clan en vérité.
On peut recenser depuis une semaine tous ceux qui sont redevables de quelque service rendu, d’une promotion, et parfois d’une carrière, à ce personnage emblématique des relations de pouvoir sous la Ve République. Ils se relaient dans les médias pour payer leur dette. L’homme, on le connaît. Multirécidiviste, condamné dans les affaires Bygmalion et Bismuth, il est inaccessible à la honte, et capable de toutes les effronteries. Il ment à vous fendre le cœur.
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Mais pour une fois, ce ne sont pas des lampistes qui payent, comme ce pauvre Jérôme Lavrilleux, coupable et victime du même système, en larmes après sa condamnation dans l’affaire Bygmalion en 2021. C’est le chef. Et ses hommes liges, qui ne sont sans doute pas allés chez Kadhafi en 2005 pour parler botanique avec le financier du dictateur libyen, par ailleurs condamné pour avoir été le commanditaire de l’attentat contre le DC-10 d’UTA, sont à ce point soumis qu’ils n’ont pas un mot de ressentiment contre celui dont ils ont été les missi dominici.
D’un côté, des personnages ultra-médiatisés assénant deux ou trois slogans faciles à retenir, de l’autre, des journalistes approximatifs.
Il est vrai que Claude Guéant et Brice Hortefeux lui doivent tout. Leur esprit de sacrifice témoigne…
Auteur: Denis Sieffert

