3 ans après le décès de Sourour Abouda dans une cellule de police bruxelloise, des déclarations récentes du procureur du Roi de Bruxelles relancent les interrogations sur le traitement judiciaire de cette affaire qui a un impact profond sur la question des violences policières en Belgique.
Le 12 janvier 2023, Sourour Abouda, belgo-tunisienne de 46 ans et mère d’un adolescent, décédait dans une cellule du centre de privation de liberté du RAC, situé rue Royale à Bruxelles. Arrêtée et enfermée quelques heures plus tôt, elle a perdu connaissance après avoir lancé plusieurs appels à l’aide. Plus de 70 minutes se sont écoulées avant que la police n’intervienne dans sa cellule, pourtant équipée d’une caméra fonctionnelle. D’autres zones d’ombre subsistent : le corps de Sourour semblait marqué par les coups et les pressions policières et judiciaires sur la famille ne se sont jamais arrêtées durant les 3 dernières années.
Cette mort s’inscrit dans une série troublante : entre janvier 2021 et janvier 2023, trois personnes au total sont décédées au sein du RAC, dont Ilyes Abeddou et Mohamed Amine Berkane, deux Algériens.
Les déclarations du procureur du Roi
Fin novembre 2025, lors d’un colloque sur le traitement judiciaire des violences policières à l’UCLouvain Saint-Louis Bruxelles, le procureur du Roi Julien Moinil a fait une déclaration qui a provoqué un effet de souffle. Face à un parterre d’avocats, de criminologues et de magistrats, il a évoqué un dossier de décès au RAC qui aurait été délibérément freiné. Sans citer le nom de Sourour Abouda, tout pointait vers cette affaire.
Le magistrat a raconté qu’à son arrivée en fonction début 2025, il avait demandé à ses collaborateurs de l’informer sur l’état du dossier. La réponse qu’il aurait reçue :
« Ce dossier a dû être mis de côté à la demande de votre prédécesseur, parce qu’il n’était pas content qu’il y…
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