L’Afghanistan a retrouvé une certaine stabilité sécuritaire, mais à quel prix ? Cinq ans après la reconquête du pouvoir par les talibans, le pays reste économiquement fragile, diplomatiquement isolé et confronté à des besoins humanitaires considérables. Un équilibre précaire que l’effondrement de l’aide internationale menace désormais de faire basculer.
« Ce n’est pas le moment pour la communauté internationale de tourner le dos à l’Afghanistan », a averti vendredi Bruno Lemarquis, coordonnateur humanitaire de l’ONU dans le pays, lors d’un point de presse à New York.
Arrivé en poste il y a quatre mois, le responsable onusien a décrit une accumulation de crises dont les premières victimes sont les femmes, les enfants et les millions d’Afghans contraints de rentrer d’exil.
Une femme afghane prépare du pain.
Des femmes exclues jusque dans l’aide humanitaire
Les restrictions imposées par les talibans aux femmes et aux filles continuent de se durcir, compromettant leur accès à l’éducation, au travail et aux services essentiels. Plus de 2,6 millions de filles sont privées d’enseignement secondaire depuis 2021, tandis que les inscriptions féminines à l’université sont tombées à zéro.
Depuis septembre 2025, les employées afghanes des Nations Unies ne peuvent plus accéder aux locaux de l’organisation. Dans la province occidentale de Hérat, la troisième ville du pays, de nouvelles restrictions empêchent certaines organisations humanitaires de poursuivre leurs activités.
« On ne peut pas laisser de côté 50 % de la population », a insisté M. Lemarquis, qui jusqu’à récemment coordonnait l’aide humanitaire de l’ONU en République démocratiques du Congo.
Pour l’ONU, le dilemme est de taille. Comment secourir les Afghanes lorsque les autorités interdisent aux travailleuses humanitaires de les…
Auteur: Nations Unies FR
