Dans le cadre de sa procédure d’alerte précoce et d’action urgente, le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) fait état d’une situation particulièrement préoccupante. Depuis le début de l’année, au moins quatre migrants auraient été tués et quelque 50.000 personnes déplacées de force par des civils et des groupes d’autodéfense.
Le Comité signale également des enlèvements, des pillages et la destruction de biens et d’entreprises appartenant à des migrants. Des propriétaires auraient par ailleurs procédé à des expulsions illégales.
Une haine qui gagne les réseaux sociaux
Les migrants, réfugiés et demandeurs d’asile sont aussi de plus en plus pris pour cible en ligne. Le CERD dénonce la diffusion sur les réseaux sociaux et Internet d’une rhétorique agressive, nourrie par des « stéréotypes préjudiciables ».
Deux organisations sont notamment citées par les experts : la Fondation Insizwa Nobunsizwa pour le développement et le mouvement March and March. Selon le Comité, leurs messages contribuent à propager des stéréotypes et des discours de haine qui « favorisent la stigmatisation et l’intolérance et créent un climat de peur et d’insécurité pour les migrants ».
La police est également dans le viseur du Comité, qui dénonce la persistance du profilage racial et le recours disproportionné à la force. De nombreuses victimes hésiteraient en outre à porter plainte, par crainte de représailles ou faute de connaître leurs droits.
Pour le CERD, cette flambée de violences doit être replacée dans un contexte de profondes fractures sociales. Les inégalités économiques et sociales héritées de l’apartheid, auxquelles s’ajoutent les retards administratifs dans la délivrance de documents d’identité et de visas, rendent les populations migrantes particulièrement vulnérables.
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Auteur: Nations Unies FR
