Afrique et développement — Rorik DUPUIS VALDER

Ceux qui ne perçoivent le monde qu’à travers le prisme du sacro-saint « développement économique », passent sans doute à côté des richesses spirituelles et des réalités humaines de l’Afrique. Ce travail de « dissociation culturelle » – sorte de gymnastique intellectuelle faite d’empathie profonde et de métaphysique – demande, il est vrai, une certaine humilité et un goût de l’effort (ou du sacrifice, c’est selon) particulier, lorsqu’on a été élevé dans les normes de la domination matérielle et les restes d’un racialisme historique.

Ceux-là, par une malheureuse rigidité bureaucratique et les certitudes mesquines héritées de l’eurocentrisme colonial, n’ont manifestement pas compris grand-chose de la place déterminante qu’occupe la mystique sur le continent. Je ne parle pas ici de religion définie ni de mystique au sens dogmatique du terme, mais d’une certaine vision globale de la place de l’homme sur Terre, d’un certain rapport qu’on peut avoir au destin et aux évènements du monde, assez éloignés du pragmatisme techno-économique tel qu’on le connaît en Occident.

Bien sûr, il serait injuste de considérer l’Afrique comme un ensemble homogène, condamné à un essentialisme paresseux, cependant l’on peut raisonnablement affirmer que ses peuples partagent – plus ou moins, suivant les efforts de « conversion » menés au fil des siècles par l’occupant… – une même temporalité, un fonctionnement propre, qui diffèrent sensiblement des autres continents. C’est cela que ne peut admettre tout étranger qui tente naïvement de se l’approprier ou de l’inclure de force dans la grande comédie géopolitique du monde moderne : une différence fondamentale, de besoins et d’intérêts.

Tant que l’on n’aura pas saisi, et accepté, la subtilité anthropologique de la temporalité africaine, on ne pourra espérer de coopération équitable, du moins équilibrée. Tant que…

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Auteur: Rorik DUPUIS VALDER