Des inégalités multiples persistent au sein de la population d’Afrique subsaharienne, dans différents domaines et à un niveau tant national que régional. Diagnostic de ces disparités en vue de mieux comprendre leurs causes et de dessiner de potentielles voies de sortie.
En 2025, à seulement cinq ans de 2030 – année à laquelle doit s’achever la mise en œuvre de l’Agenda 2030, la feuille de route pour une planète durable fixée par l’ONU en 2015 –, le dixième Objectif de Développement durable (ODD), qui vise à réduire les inégalités entre les pays, est l’un des moins avancés. C’est pourtant un objectif crucial car il vise à directement réduire la pauvreté et, ainsi, à accroître la résilience des populations vulnérables.
Dans ce contexte, les inégalités en Afrique subsaharienne sont restées à la marge des discussions. Notre ouvrage qui vient de paraître remet le sujet sur la table et présente un panorama de la situation actuelle, en identifiant les faits saillants des inégalités en Afrique subsaharienne. Il propose enfin quelques pistes et solutions pour un développement équitable et soutenable dans cette région du monde.****
Inégalités et migrations : une dynamique complexe
À l’échelle globale, le plus grand déterminant des revenus des individus – et donc des inégalités entre les individus – reste le lieu de naissance. La migration, souvent considérée comme une stratégie de lutte contre la pauvreté, est un facteur clé dans l’amélioration des conditions de vie.
L’exode rural qui caractérise de nombreux pays d’Afrique subsaharienne est traditionnellement perçu comme la résultante des inégalités de développement entre les zones urbaines et rurales. Les jeunes en Afrique, confrontés à des taux de chômage élevés, perçoivent souvent la migration comme la seule opportunité de mobilité sociale.
Mais le lien entre inégalités et migration est plus complexe,…
Auteur: Anda David, Senior researcher, Agence Française de Développement (AFD)

