« Derrière le mot agence, il y a la plus belle et la pire des choses », assène Jean-Louis Borloo devant la commission d’enquête. « Avec la technocratisation, c’est devenu, petit à petit, une machine à penser à la place des élus ». Devant le président de la commission d’enquête, le sénateur communiste Pierre Barros et la rapporteur, la sénatrice Les Républicains, Christine Lavarde, Jean-Louis Borloo livre son ressenti sur la transformation des agences étatiques. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y va fort.
« J’ai le sentiment que l’on est passé d’une action publique de producteurs de biens et de services à une action publique de contrôleurs des biens et des services produits par les autres », regrette l’ancien ministre de la Ville. « La culture de l’Inspection des finances, de la Cour des comptes etc, ce sont des gens absolument exceptionnels à titre individuel, mais concentrés sur le pouvoir. C’est-à-dire qu’il n’y a pas d’enrichissement extérieur, de pollinisation comme avec des professeurs de sciences naturelles, des ingénieurs, des agriculteurs… Ce regard sur notre société de cette élite est paralysant ».
« Définir le rôle de chacun »
Ce que Jean-Louis Borloo reproche : le passage d’agences opérationnelles à des agences de contrôle. Il prend comme exemple l’hôpital : « Il y a 17 ans, lorsque l’hôpital était dirigé par les médecins et l’élu local, nous étions à…
Auteur: Marius Texier

