Agent Orange, une arme de guerre
Victime de l’agent orange lors de la guerre du Vietnam, cette Franco-Vietnamienne de 84 ans poursuit devant la justice française 14 firmes américaines. Parmi elles se trouve Monsanto, aujourd’hui propriété de Bayer, et Dow Chemical, deux géants de l’agrochimie. Tran to nga les tient pour responsables des séquelles dont elle souffre depuis des décennies, elle, et des millions de victimes vietnamiennes que le défoliant a créé dans son sillage.
L’agent orange, herbicide utilisé comme arme chimique par l’armée américaine entre 1961 et 1971 pendant la guerre du Vietnam, a fait des millions de victimes et contaminé les terres agricoles durablement. Près de 80 millions de litres de cet herbicide ultra-toxique ont été déversés sur des forêts sud-vietnamiennes et des cultures vivrières, dans le cadre de l’opération « Hadès », renommée « Ranch Hand » (ouvrier agricole).
La toxicité de l’agent orange est connue des fabricants depuis 1957. Ce défoliant est issu de l’alliage de deux herbicides : acide trichlorophénoxyacétique, utilisé pour éliminer les plantes ligneuses et les plantes envahisseuses dans les monocultures céréalières, et l’acide dichlorophénoxyacétique, déversé sur les cultures de graminées. Le scandale de l’agent orange représente le premier « écocide » (une destruction irrémédiable de l’environnement par l’homme) et la plus grande guerre chimique de l’histoire de l’humanité.
Ancienne résistante et journaliste pour le Front national pour la libération (FNL), c’est à Cu Chi, haut lieu de la résistance, que Trần Tố Nga subit à 24 ans les épandages d’agent orange, déversé par les avions de l’armée étasunienne.
Depuis, Tran To Nga souffre de tuberculoses à répétition, d’un cancer, d’alpha-thalassémie, et d’un diabète de type 2 avec une allergie à l’insuline « rarissime ». Puissant perturbateur endocrinien,…
Auteur: Axel Guerillot

