« Je ne suis pas surprise, mais j’espérais que le tribunal serait plus fort. » Tran To Nga avait prévenu. Son combat ne s’arrête pas là. Elle ira même jusqu’à la Cour de cassation. Le 22 août, la cour d’appel de Paris a rejeté la demande de la Franco-Vietnamienne de revenir sur la décision du tribunal d’Évry, qui s’était déclaré incompétent à juger l’affaire en 2021. Une décision que conteste l’ancienne journaliste, qui se pourvoit en cassation pour faire condamner quatorze multinationales, dont Dow Chemical et Bayer-Monsanto, productrices de l’agent orange durant la guerre du Vietnam.
Entre 1961 et 1971, le défoliant, répandu par l’armée des États-Unis, a attaqué toutes les formes de vie présentes au Laos, au Vietnam et au Cambodge. Près de 80 millions de litres ont été utilisés pour empêcher les résistants vietnamiens de se cacher dans la forêt. C’est là où Tran To Nga, qui couvrait la guerre, a été touchée par le produit. 2,1 à 4,8 millions de personnes ont été directement atteintes par la dioxine de l’agent orange, selon une étude. 3 millions de personnes seraient aujourd’hui concernées, selon l’Association vietnamienne des victimes de l’agent orange/dioxine (Vava).
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Dans un communiqué, les avocats de Tran To Nga, Bertrand Repolt et William Bourdon, estiment que « dans cette affaire qui est une affaire de principe, les juges ont endossé une attitude conservatrice à rebours de la modernité du droit et contraire au droit international et au droit européen ».
Du côté des soutiens de la plaignante, la combativité domine : « On est déçu, écœuré par cette décision, mais on ne lâche rien, explique Tom Nico, du collectif Vietnam Dioxine qui accompagne Tran To Nga depuis le début de la procédure. Encore une fois, la justice n’est pas du côté des plus vulnérables. » « C’est…
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Auteur: Rémi-Kenzo Pagès

