Agriculteur, livreur ubérisé, salarié : même combat !

Lors de son séminaire télévisé à peine improvisé au Salon de l’agriculture, le président de la République pensait avoir fait montre de sa capacité à maîtriser les sujets qui fâchent les agriculteurs. À la FNSEA, il déclarait vouloir inscrire dans la loi l’agriculture et l’alimentation comme « intérêt général majeur ». Aux Jeunes Agriculteurs, il accordait un droit à l’erreur en cas d’infraction aux normes environnementales.

À la Coordination rurale, il promettait d’intervenir auprès des banques pour octroyer des facilités de trésorerie. À la Confédération paysanne, il concédait la négociation de prix planchers à même de garantir le revenu des producteurs dans leur négociation avec l’industrie agroalimentaire et la grande distribution. Il s’admirait enfin dans une hypothétique clause miroir, absente des accords de libre-échange, présentés comme vitaux pour notre production agricole excédentaire destinée à l’exportation.


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Emmanuel Macron aurait également pu évoquer la célèbre controverse du taux de marge qui a opposé Milton Friedman à des économistes hétérodoxes. La fable libérale raconte en effet que si les entreprises maximisent leur profit, le profit pur tend vers zéro lorsque les marchés sont à l’équilibre, en raison de la concurrence entre les capitaux qui fait tendre les prix à la baisse. Or cela n’est pas le cas dans la vraie vie, où les industriels de l’agroalimentaire et les distributeurs disposent d’un pouvoir de marché leur permettant de fixer des prix afin de dégager un certain taux de marge.

Les industriels de l’agroalimentaire et les distributeurs disposent d’un pouvoir de marché…

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Auteur: Liêm Hoang-Ngoc

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