Christian Jouault était producteur laitier en Ille-et-Vilaine. Fils d’agriculteurs, il a toujours baigné dans les champs, les tracteurs… et les pesticides. Une prise de conscience sur les dangers des pesticides l’incite à passer en bio dans les années 1990. Quelques années d’insouciance plus tard, sa femme décède d’un lymphome non hodgkinien ; lui déclare un cancer de la prostate. Deux maladies aujourd’hui officiellement reconnues comme pouvant être liées à l’exposition aux pesticides. Christian s’est éteint le 10 avril, à 70 ans, d’une forme de leucémie reconnue comme liée aux pesticides.
Odette Gruau, agricultrice dans le Maine-et-Loire a eu trois cancers, et est décédée d’un glioblastome cérébral en 2020. Elle était jeune retraitée. Jacques Fortin a été agent agricole de l’Institut national de recherche agronomique pendant trente ans, chargé de traiter les céréales, les champs, les animaux, les étables sans aucune protection. Il vit depuis vingt-six ans avec la maladie de Parkinson. En 2014, Politis publiait un dossier titré « Cancer des agriculteurs, la fin d’un tabou ». Vraiment ? Car ces témoignages de combattant·es, ces vies sacrifiées, ces récits de culpabilité existent par milliers en France. Mais qui les entend, les écoute, les prend en compte ?
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Depuis la première déferlante de colères agricoles fin 2023, la grande absente des débats et des envolées politiques est la santé. Celle des hommes, des femmes, des enfants, mais aussi celle des sols, de l’eau, de l’air, de la faune et de la flore. Du vivant. Même chose avec la proposition de loi dite Duplomb, qui, dans le texte, vise à « lever les contraintes à l’exercice du métier…
Auteur: Vanina Delmas

