Agriculture : le bilan désastreux du quinquennat de M. Macron

Des occasions manquées, des solutions erronées et des reculs répétés. Le bilan de la politique agricole d’Emmanuel Macron est très négatif. Le quinquennat était pourtant riche de temps forts consacrés à l’agriculture : États généraux de l’alimentation, Varenne de l’eau, Convention citoyenne pour le climat, plans de relance successifs… « Autant d’occasions manquées pour enclencher la transition agroécologique dont le secteur avait besoin », regrette Cyrielle Denhartigh, responsable agriculture et alimentation au Réseau Action Climat (RAC). Au contraire, ces cinq années aux manettes ont favorisé les tenants d’une agriculture industrielle et prédatrice des biens communs comme l’eau et le foncier agricole.

Foncier agricole : les grands propriétaires privilégiés

Artificialisation des sols, dégradation, disparition des fermes… Les nombreuses « attaques » subies par les terres agricoles en France pourraient les faire disparaître. Pxhere/CC0

Des fermes de plus en plus grandes, concentrées entre les mains d’une poignée d’acteurs. C’est le constat du rapport sur l’état des terres agricoles publié par Terre de liens le 22 février. « Quasi-inexistantes il y a soixante ans, les grandes fermes, d’une surface moyenne de 136 ha (190 terrains de foot) représentent 1 ferme sur 5, mais 40 % du territoire agricole », a calculé l’organisation.

Des domaines plus étendus, et donc plus difficiles à acquérir pour les jeunes paysans. Selon Terre de liens, près de 5 000 personnes renoncent chaque année à s’installer. Un phénomène qui favorise le rachat par de gros propriétaires terriens – ou par de grandes firmes, de plus en plus présentes – qui privilégient les monocultures intensives. Or, le temps presse : un agriculteur sur quatre a plus de 60 ans, et dans les trois années à venir, 160 000 exploitations devront trouver un successeur.

Pour y remédier, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi qui vise à mieux réguler l’accès aux terres agricoles. « [Ce texte] constitue une première étape opérationnelle, pragmatique, avant d’engager ce chantier important d’une grande loi foncière », s’est félicité Julien Denormandie.

Vraiment ? Selon Philippe Camburet, le président de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) : « Le sujet n’a été qu’effleuré avec cette loi foncière : pas de vraie limite à l’agrandissement, pas de remise en question des relations entre les agriculteurs locataires de leurs terres et les…

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Auteur: Moran Kerinec Reporterre