Languevoisin-Quiquery a tous les attributs d’un village paisible de la région du Santerre. En fin d’après-midi, des voitures et cars scolaires roulent sur la RD89, ainsi que quelques tracteurs pour rejoindre les champs qui jonchent le territoire. Au loin, les pales des éoliennes tournent et ronronnent. Une tranquillité que les quelque 200 habitants comptent bien conserver. Mais depuis près d’un an, les esprits bouillonnent. Notamment ceux des élus locaux. La raison : un projet d’usine d’engrais azotés pourrait sortir très prochainement des terres cultivables de Languevoisin.
Le projet du groupe espagnol FertigHy, porté par un consortium d’acteurs européens dont les groupes InVivo et Heineken, prévoit de s’implanter sur 20 hectares et de produire environ 500 000 tonnes d’engrais dits « verts » par an à partir de 2030. Le secret : un processus de fabrication « bas carbone » grâce à l’utilisation d’hydrogène produit issu d’énergies nucléaire et renouvelables, et par électrolyse de l’eau.
Selon les promoteurs, ce processus « permettrait une réduction de 80 à 90 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux autres usines européennes utilisant du gaz naturel ». Le site serait tout de même classé Seveso (seuil haut en raison de la nature et de la quantité des produits stockés, à savoir de l’hydrogène, de l’ammoniac et de l’ammonitrate). Un projet nécessitant un investissement de 1,3 milliard d’euros qui faisait partie des lauréats du sommet Choose France 2024, une création macroniste visant à attirer les investisseurs étrangers dans l’Hexagone.
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Auteur: Vanina Delmas

