Ah ! la “ Communauté internationale ”… — Philippe ARNAUD

1. L’usage répétitif de l’expression « la communauté internationale« . Cette expression n’est pas employée dans n’importe quel contexte : elle l’est, en général, pour stigmatiser, condamner, vouer aux gémonies un pays (la Corée du Nord, l’Iran), un régime ou un mouvement politique (le gouvernement cubain, le Hamas), un responsable politique (Vladimir Poutine, Bachar El-Assad, Fidel Castro, Hugo Chavez…) dont la politique contrarie celle des Occidentaux. Mais cette « communauté internationale » représente-t-elle les quelque 196 pays représentés à l’ONU ? Oui, à condition d’en exclure quelques-uns, entre autres le monde musulman, l’Afrique sub-saharienne, l’Amérique latine, la grande majorité de l’Asie (sauf le Japon, la Corée du Sud, Taïwan…), c’est-à-dire plus des trois quarts des gouvernements, des habitants et des opinions de la planète…

1.1. Que reste-t-il au fond de la cornue à l’issue de la distillation ? Les États-Unis, plus les pays anglophones du groupe Échelon regroupant, autour du premier, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, plus quelques pays d’Europe occidentale (les Six de la CEE de 1957, plus quelques-uns parmi les plus riches comme la Suisse, l’Autriche et les pays scandinaves). Et encore ne s’agit-il que de l’opinion publique supposée de ces pays, telle qu’elle a été modelée, biaisée, façonnée, déformée par les médias de grande diffusion…

1.2. La « communauté internationale » ainsi réduite ne condamne pas n’importe quoi : elle stigmatise l’attaque d’Israël par le Hamas ou le lancement de missiles par la Corée du Nord. En revanche, elle garde un pudique silence face au massacre de migrants éthiopiens par les garde-frontière saoudiens, ou des Yéménites par ces mêmes Saoudiens, ou lors de l’extermination, en 1965, de 500 000 à 1 million de communistes indonésiens par l’armée indonésienne et les milices musulmanes. Parce que…

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Auteur: Philippe ARNAUD