Ahmed N. voulait « soigner sa tête » : à Calais, les exilés abandonnés face aux souffrances psychologiques

Quand elle évoque Ahmed N., Mariam Guerey a le souffle court et ses yeux s’embuent. « À Calais, nous sommes témoins du fait que des exilés, à un moment, dérivent dans leur vie en raison des causes de leur exil et des souffrances qu’ils ont vécues sur leur parcours » raconte la salariée du Secours catholique, présente dans la cité portuaire depuis désormais plus de vingt ans. « Et puis peu à peu, ils perdent la tête, on est accablé, on ne sait pas quoi faire, ajoute Mariam, et ils meurent devant nous. »

Ahmed N., 39 ans, est mort sous les roues d’un poids lourd, le 13 mai 2025, sur un parking de Marck, commune voisine de Calais. Les derniers mois de cet Érythréen, arrivé en France en 2013 et pourtant reconnu réfugié, se sont révélés particulièrement difficiles. Souffrant de troubles psychiatriques, Ahmed a présenté à plusieurs reprises des comportements suicidaires. Malgré des alertes répétées, les associatifs se sont heurtés à de nombreux dysfonctionnements concernant sa prise en charge par le centre hospitalier de Calais.


Sur le même sujet : Au CRA de Vincennes, Mehdi, 22 ans, maintenu en rétention après une tentative de suicide

« J’ai rencontré Ahmed à Calais en 2014, se souvient Mariam, à l’époque, il espérait passer en Angleterre mais, après quelque temps passé à la frontière, il a renoncé et il a fait le choix de demander l’asile en France. » L’exilé démarre une procédure d’asile et bénéficie d’un hébergement dans un foyer de travailleurs à Metz, loin du Calaisis. « Ahmed a été reconnu réfugié quelques mois plus tard, en 2015, a obtenu un titre de séjour de dix ans, et a ainsi pu commencer à travailler là-bas » raconte l’associative.

Plusieurs alertes

Mariam perd…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Maël Galisson

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com