Les oppositions ne semblent pas avoir réussi à prendre la majorité au parlement et le candidat commun Kemal Kiliçdaroglu a finalement échoué au second tour. Qu’est-ce qui a manqué aux oppositions ?
D’abord, il faut souligner que le soutien de quasiment toutes les oppositions à un candidat à la présidence dès le premier tour est une première en Turquie ; et le résultat n’est pas si mauvais avec 45 % des voix. Le résultat plus inattendu est l’obtention de la majorité parlementaire par la coalition formée autour du parti d’Erdogan, l’AKP.
Une partie de l’électorat, pourtant mécontent du pouvoir d’Erdogan, semble s’être décidé à voter pour lui pour grosso modo trois raisons : préférence pour la poursuite avec Erdogan au lieu d’essayer un gouvernement hétéroclité composé de six partis ; inquiétude attisée par Erdogan et ses alliés sur le soutien apporté par le parti prokurde de gauche à Kiliçdaroglu ; mécontentement des conservateurs sunnites face à la perspective de l’élection d’un Alévi comme président.
Ce résultat intervient alors que la Turquie traverse une longue crise économique et sociale et que l’État turc a montré son incurie face au tremblement de terre en février, qu’est ce qui permet la résilience du régime erdoganiste ?
C’est le clientélisme. Rien n’empêche Erdogan de construire au plus vite, route, aéroport, immeuble d’habitation ou pont. Il passe outre les principes de l’État de droit et utilise tous les moyens de l’État pour sa propre propagande d’autant plus facilement que nous vivons dans un régime de parti-État. De plus, Erdogan présente toutes les dépenses publiques, au premier chef desquelles les prestations sociales, comme des largesses faites par lui-même et son parti, dont le nombre d’adhérent·es serait de onze millions.
Même s’il s’agit là d’un chiffre gonflé, on doit garder en mémoire que l’adhésion à l’AKP est un…
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Auteur: Ahmet Insel, Emre Öngün

