Un sujet intime, difficile, politique, éthique, complexe, nuancé. Les qualificatifs pleuvent pour parler du projet de loi sur l’aide à mourir, qui entre en séance publique ce mardi 20 janvier au Sénat. Pourtant, on ne les entend pas, ou si peu, face à l’ouragan Trump qui sape, depuis des semaines, la possibilité de débattre sereinement d’un sujet aussi important. Balayé par la dissolution en juin 2024, éteignant ainsi les nombreuses heures de débat à l’Assemblée nationale, le texte est repassé par l’Hémicycle en 2025, séparé d’un autre plus consensuel abordant le renforcement des soins palliatifs.
En mai, les députés ont ainsi adopté l’accès à l’aide à mourir (305 pour, 199 contre), uniquement pour les personnes qui remplissent les cinq critères suivant : être majeur, Français, être atteint d’une « affection grave et incurable » qui « engage le pronostic vital, en phase avancée » ou « terminale » et présenter « une souffrance physique et psychologique constante ».
Les sénateurs ont déjà fait bouger le texte en commission la semaine dernière, en baptisant l’aide à mourir en « assistance à mourir », et en requalifiant « à court terme » le pronostic vital engagé. Le vocabulaire, ici, a son importance : il est rare que les parlementaires aient à débattre sur un droit de vie ou de mort.
Au sein de la gauche parlementaire, le sujet divise par endroit mais reste vu comme une avancée sociale. Au-delà des hémicycles, l’aide à mourir suscite un effroi moins connu que les bruyantes oppositions religieuses parmi les militants antivalidistes. Pour autant, si les inquiétudes, existentielles, sont importantes et sincères, il serait simpliste de rassembler les personnes handicapées en un ensemble politiquement, socialement homogène. Preuve en est, Sébastien Peytavie, le premier député en fauteuil roulant depuis que la République…
Auteur: Hugo Boursier

