Le projet de loi pour la création d’une « aide à mourir » est de retour à l’Assemblée nationale. Jusqu’au 24 février, les députés se penchent, en deuxième lecture, sur ce texte porté par le député (MoDem) Olivier Falorni. Ses partisans espèrent le voir définitivement adopté d’ici l’été.
Ce projet de loi est soutenu par la quasi-totalité des députés siégeant à gauche de l’hémicycle. À quelques exceptions près, les écologistes, les insoumis et les socialistes saluent une « nouvelle liberté » pour les malades désireux d’abréger leurs souffrances et de mourir dans la « dignité ». Côté société civile, le camp progressiste est moins unanime. Réunis notamment au sein du Front de gauche antivalidiste (terme désignant la lutte contre les discriminations systémiques visant les personnes handicapées), des militants et des soignants s’élèvent contre un texte qu’ils jugent inutile, dangereux, et aux antipodes des valeurs de soin et de solidarité de leur famille politique.
Dans sa version actuelle, la proposition de loi stipule que seules pourront avoir accès à « l’aide à mourir » les personnes majeures, aptes à « manifester leur volonté de façon libre et éclairée », et atteintes d’une « affection grave et incurable » qui « engage le pronostic vital », « en phase avancée » ou « terminale ». Leur « souffrance physique ou psychologique constante liée à cette affection » doit être « réfractaire aux traitements » et « insupportable ». La substance létale ne pourra leur être confiée ou administrée qu’avec l’accord d’une équipe de soignants.
Une « mise en danger de nombreuses personnes malades et handicapées »
Ces critères sont « flous et subjectifs », selon Avril Vaccaro (un pseudo), militante au sein du collectif handiféministe Les Dévalideuses. « La plupart des maladies chroniques sont des affections graves et…
Auteur: Hortense Chauvin

