Socoa (Pyrénées-Atlantiques), reportage
D’un œil affûté, les pieds dans le sable cuivré de la plage de Socoa, sur la Côte basque, Ainhoa Leiceaga balaie l’océan. Du doigt, elle pointe une balise en pierre caressée par l’onde, à une centaine de mètres du rivage. L’hiver, « quand il y a des tempêtes, il y a une vague qui déferle là-bas », décrit-elle. Un grand sourire fend son visage hâlé : « Je l’ai surfée. » Manque de chance, le jour de notre rencontre, pas le moindre remous ne cambre l’eau salée. Pour voir la championne bondir sur sa planche, foncer dans les creux et virer dans les embruns, il nous faudra revenir. Pour parler sport de haut-niveau et écologie, en revanche, on est au bon endroit.
Sacrée championne de France de surf en 2016, à 14 ans, la jeune Basque fait partie des meilleurs espoirs de sa discipline. Avant qu’elle se blesse au genou en effectuant une figure, en janvier dernier, et soit contrainte de faire une pause thérapeutique de six mois, elle occupait la quatrième place française et la treizième place européenne sur le prestigieux circuit QS européen de la World Surf League (WSL). Une crack, donc, dansant sur les flots comme d’autres respirent.
Celle qui a passé les treize dernières années à surfer sur la vague sait aussi penser à contre-courant. Dans le milieu du surf professionnel, globalement « pas très engagé » sur l’écologie, l’athlète de 22 ans détonne. Certains de ses pairs chassent les rouleaux aux quatre coins de la planète, et nouent de juteux partenariats avec des marques de voiture ; elle tente – « sans être parfaite », insiste-t-elle – de mener sa discipline vers plus de sobriété.
Selon les calculs du surfeur Félix Morau, un surfeur français qualifié aux championnats du monde émet, par saison, 40 tonnes de CO2 dans l’atmosphère – soit quatre fois l’empreinte carbone moyenne annuelle d’un de ses concitoyens, et vingt fois celle…
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Auteur: Hortense Chauvin, Isabelle Miquelestorena

