Des écoles de journalisme aux rédactions des grands médias, le racisme sévit et reste tabou. Dans l’enquête du SNJ-CGT rendue publique fin mars 2023 et menée auprès de 167 professionnels des médias, un sur quatre déclare avoir été victime de racisme et près d’un sur deux en avoir été témoin. Le SNJ-CGT dénonce « un silence […] se traduisant par des « non-dits » ou « non-formulés » », tout comme le manque d’espace et d’écoute pour évoquer ces faits de discrimination : « Lorsque les victimes en parlent à leur hiérarchie ou aux élus du CSE, la situation évoluerait si peu que ce recours est perçu comme inutile, ce qui peut démobiliser les victimes qui tentent de se défendre. » La « faible diversité » des rédactions fait partie des explications avancées par le syndicat.
Parallèlement, qu’ils émanent de préjugés ou qu’ils se traduisent par des discours frontalement racistes, des expressions et des contenus discriminants sont proférés dans les médias dominants, excédant de loin les frontières du groupe Bolloré, celles de la presse réactionnaire – Valeurs actuelles en tête – ou celles de la fachosphère, qui en restent néanmoins les vitrines les plus violentes. S’agissant du journalisme politique, rappelons simplement que le traitement dépolitisé et peopolisé du RN, accélérant de manière continue sa prétendue « dédiabolisation » depuis le début des années 2010, est un symptôme en soi de la banalisation du racisme et de la xénophobie. Et ce sans parler de la complaisance multiforme dont firent preuve la plupart des commentateurs à l’égard d’Éric Zemmour – multirécidiviste en matière de provocations à la haine ou d’injures racistes.
Enfin, soulignons que les sites et médias d’extrême droite servent régulièrement de caisse de résonance aux campagnes et coups de forces menés par divers groupuscules, élus et politiciens d’extrême droite – quand ils n’y…
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Auteur: Pauline Perrenot Acrimed

