La biologie miroir n’en est qu’à ses balbutiements, mais fait déjà beaucoup parler d’elle. Un collectif de 38 scientifiques a alerté sur les périls que les organismes miroirs pourraient représenter pour le vivant. La communauté scientifique internationale s’est saisie du sujet.
Cet article est paru à l’origine dans la revue Carnets de science n°19
À la croisée de la chimie et de la biologie, de l’inerte et du vivant, un nouveau domaine de recherche fait beaucoup parler de lui depuis quelques mois : la biologie miroir. Ces travaux visent à recréer des cellules vivantes (par exemple, des bactéries) en tout point semblables à celles que l’on retrouve aujourd’hui sur la Terre, à la différence que ces cellules seraient l’image miroir de cellules vivantes naturelles.
De prime abord, ces recherches pourraient sembler dépourvues d’intérêt au-delà de l’exploit technique. Mais alors, pourquoi vouloir les concrétiser ? Y a-t-il un réel enjeu scientifique ? Est-ce même réalisable ? Surtout, n’est-il pas risqué de créer des organismes vivants qui n’existent pas sur la Terre ?
Ces questions ont fait l’objet d’un rapport étoffé, rédigé fin 2024 par près de 40 spécialistes du domaine. Et ceux-ci préconisent un moratoire. Car, selon eux, oui, la biologie miroir passionne les scientifiques, mais elle représenterait pour l’humanité davantage un danger qu’un…
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