Samedi 27 juin au Cannet, près de Nice, des policiers ont ouvert le feu en pleine rue pour un «refus d’obtempérer». Selon la version officielle, les agents intervenaient pour une suspicion de vente de stupéfiants, et auraient tiré sur une conductrice qui les aurait «blessés». Une vidéo montre pourtant des hommes en civil encercler la voiture, la mettre en joue, et tirer sur le véhicule qui démarre. Comment aurait-il fallu réagir à la vue d’individus sans uniforme ni brassards qui sortent une arme à feu ? Cette affaire, présentée comme de la légitime défense, est une illustration de la mise en danger de la population par l’usage des armes policières. Si cette femme était suspecte, il suffisait de noter sa plaque d’immatriculation et de la convoquer ultérieurement, plutôt que de lancer une fusillade dans l’espace public. La dame, blessée, a été interpellée à l’hôpital de Grasse, et sera lourdement poursuivie.
Le 1er juillet à Paris, des policiers débarquent armés dans le sous-sol d’un restaurant. Ils ont été appelés par un homme inquiet «de l’état de démence de sa compagne». La quarantenaire, en décompensation, se trouve dans le restaurant de son frère et sortait d’une hospitalisation psychiatrique. Plutôt que de lui envoyer des soins et des professionnels capables de la calmer, l’arrivée de forces de l’ordre aggrave la situation. Les policiers disent avoir été menacés par un couteau. La femme a été abattue par plusieurs tirs.
Ces deux faits, qui ont eu lieu ces derniers jours, n’ont pas fait l’objet de débats sur l’usage des armes par les forces de l’ordre. Dans les deux cas, tout le monde part du principe qu’il est normal que des policiers interviennent avec un arsenal létal et ouvrent le feu.
Et cela risque encore de s’aggraver. Le gouvernement veut profiter des vacances pour faire passer mardi prochain, le 7 juillet, une loi augmentant encore le permis de tuer…
Auteur: B

