Alerte : les forêts françaises sont rasées pour partir à l’étranger

Chaque année, des milliers de grumes partent de nos campagnes en direction des ports, puis de l’Asie. Elles reviennent sous forme de lames de plancher ou d’objets de bazar — quand elles reviennent.

Pendant ce temps, des millions de Français se promènent dans des forêts qu’ils croient protégées, gérées, aimées. Ils ont tort.

La journaliste Sophie Coignard, autrice de « Arbres en danger, enquête sur un carnage végétal », a mené l’investigation là où personne ne regardait vraiment : entre les souches, les contrats d’export, les lobbies de la filière bois et les cabinets ministériels. Ce qu’elle a trouvé est accablant.

« La France : un pays d’extraction coloniale »

Le déclic, pour Sophie Coignard, n’est pas une statistique. C’est une image. Celle de chênes magnifiques, abattus à quelques kilomètres de chez elle, embarqués pour la Chine.

« Ces chênes avaient été coupés pas très loin de chez moi. Et ils allaient partir en Chine, comme si la France était devenue un pays d’extraction coloniale. »

La métaphore est forte, mais elle n’est pas gratuite. La Chine et la Russie — deux pays que l’on n’associe pas spontanément à l’écologie — ont depuis longtemps instauré des mesures protectionnistes drastiques pour préserver leurs propres forêts.

La France, elle, a laissé la porte ouverte, les labellisations européennes se révélant aisément contournables, sans embargo, sans politique d’interdiction réelle.

Un paradoxe que Sophie Coignard qualifie sobrement de « connivence des pouvoirs publics avec des lobbies particulièrement problématiques. »

Le lobby, le confort administratif, et la loi enterrée

Le mécanisme est bien huilé : une loi d’initiative parlementaire, portée par un groupe transpartisan, vise à réorienter les subventions vers la sylviculture…

La suite est à lire sur: lareleveetlapeste.fr
Auteur: Isabelle Vauconsant

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