Elles sont déjà là, échouées sur le sable de la baie de Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor, et de Douarenez, dans le Finistère. Depuis la mi-juin, plusieurs centaines de tonnes d’algues vertes ont été ramassées sur le littoral breton, avant l’arrivée des vacanciers. Mais si les plages concentrent l’attention, les vasières sont beaucoup plus touchées par ce phénomène.
Rade de Lorient, baie de Morlaix, Rance maritime… Ces zones littorales composées de sédiments fins non sableux constituent un angle mort de lutte contre la prolifération des algues vertes, critiquent la Cour des comptes et la chambre régionale des comptes de Bretagne dans un rapport publié jeudi 9 juillet.
Cinq ans après une première évaluation qui concluait à l’échec des plans de lutte contre les algues vertes, leur nouveau constat est tout aussi sévère pour l’État : pas de progrès ou si peu. Pas suffisamment en tout cas pour enrayer durablement le phénomène.
Une prolifération qui s’aggrave dans les vasières
Pire, la prolifération s’accroît dans les vasières bretonnes qui représentent désormais 84 % des surfaces touchées, essentiellement dans le Morbihan. « Or, peu d’actions ont été déployées dans ces secteurs depuis les derniers travaux de la cour », est-il écrit dans le rapport.
Alors que l’État n’a défini aucune stratégie pour ces zones, la Cour des comptes appelle à réviser les schémas d’aménagement et de gestion des eaux qui les couvrent pour intégrer des objectifs de lutte contre l’eutrophisation de l’eau et de limitation des algues vertes.
Car c’est bien ce que rappelle la juridiction : cette prolifération est la conséquence de concentrations excessives de nitrates dans les cours d’eau, issus à plus de 90 % de l’activité agricole.
« Le seul levier d’action efficace pour limiter la prolifération d’algues vertes »
Et « réduire ces apports azotés constitue le…
Auteur: Jeanne Cassard

