Depuis plus de cinquante ans, les algues vertes prolifèrent sur les plages bretonnes. Les alertes de la société civile n’ont cessé de résonner depuis toutes ces années, mais trouvent rarement un écho favorable. La justice pourrait peut-être renverser la tendance. Saisi en 2022 par l’association Eau & Rivières de Bretagne (ERB), le tribunal administratif de Rennes a rendu le 13 mars un jugement reconnaissant que les mesures mises en œuvre par le préfet de la région sont insuffisantes pour lutter contre les pollutions des eaux par les nitrates, à l’origine des marées vertes.
Algues vertes, la marée empoisonnée
Malgré l’alerte lancée il y a plus de cinquante ans sur cette pollution d’origine agricole et la mort de plusieurs personnes et animaux, les autorités n’ont toujours pas pris les mesures adaptées à ce phénomène. Alors qu’études scientifiques et associations citoyennes l’ont abondamment documenté… Lire notre dossier (juillet 2023).
Le préfet a dix mois pour prendre « toutes les mesures nécessaires pour réduire effectivement la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole » et « réparer le préjudice écologique ». La décomposition des algues vertes crée un gaz, l’hydrogène sulfuré (H2S), qui asphyxie tout l’écosystème. Il peut être mortel à haute dose lorsqu’il s’échappe des épaisses couches de végétaux devenus noirs. Cette pollution liée au taux de nitrates dans l’eau, et à l’ensoleillement, est favorisée par l’agriculture intensive utilisant des engrais azotés, qui libèrent des nitrates dans le sol et dans l’eau.
Cette décision de justice est une victoire pour l’association mais elle a un goût un peu amer. « Le tribunal n’a pas suivi notre demande d’astreinte d’un million d’euros par mois de retard, donc on risque…
Auteur: Vanina Delmas

