Paris, reportage
« Dernière porte à droite, avec le paillasson Wonderwoman », indique Alice Coffin pour nous guider jusque chez elle, au dernier étage d’un immeuble parisien. En guise de superhéroïne, c’est une grande blonde, aux cheveux courts qui nous ouvre. Son superpouvoir ? « Aimer les femmes », répondrait sûrement l’activiste lesbienne… Et surtout « survivre au cyberharcèlement », tant ses prises de position en ont fait la cible des pires menaces depuis qu’elle s’est engagée en politique.
Militante féministe, journaliste de formation, et autrice du livre Le Génie lesbien (éd. Grasset, 2020), Alice Coffin est également élue écologiste sortante au conseil de Paris. Malgré son CV à rallonge et son goût pour la politique, elle ne sera pas reconduite sur la liste des candidats écologistes à la mairie de Paris aux prochaines élections municipales. « Ce n’est pas mon choix. […] Mon nom a été rayé de la liste par les écologistes et les socialistes », explique-t-elle dans un post Instagram.
L’élue écologiste tente de se composer une mine joyeuse, mais quelque chose dans son regard lointain et dans l’empressement de ses gestes montre que la pilule n’est pas complètement passée. Au milieu de son appartement décoré de plantes vertes et d’affiches féministes, elle ne cache pas son amertume : « Je ressens cela comme une trahison. Ça a été une succession de dissimulations et de mensonges… C’est inimaginable pour moi, et pour mon entourage, qui a suivi toute l’affaire. »
Un mandat très actif
Que lui reproche-t-on au juste ? « Mon mandat s’est très bien passé avec l’équipe écologiste. J’avais pourtant la sensation d’avoir donné satisfaction à tout le monde… », avance l’élue sortante, qui a arraché plusieurs victoires féministes et écologistes durant ces six ans de mandat. On lui doit notamment le dépistage gratuit de la présence de…
Auteur: Scandola Graziani

