Alicia Ambroise avait 13 ans lorsqu’elle a appris que son géniteur a été condamné à dix ans de prison pour des viols commis sur sa demi-sœur pendant des années. Elle coupe immédiatement tout contact avec lui et entame un long processus de reconstruction pour surmonter ce traumatisme.
Une décennie plus tard, elle se tourne vers des juristes afin de rompre définitivement les liens qui subsistent avec lui – nom de famille, droits de succession… Mais dès le premier rendez-vous, la réalité juridique s’impose brutalement à Alicia.
« Lors de mon premier rendez-vous avec une juriste, j’ai appris l’existence de l’obligation alimentaire, et de l’impossibilité de m’en défaire par anticipation. Je l’ai vécu comme une injustice énorme », explique-t-elle à La Relève et La Peste.
Une loi héritée d’un autre siècle
Issue du Code civil de 1804 et encadrée par l’article 205, l’obligation alimentaire peut contraindre des enfants majeurs à prendre en charge la dépendance d’un parent par le biais d’une contribution financière ou d’une contribution matérielle, comme l’hébergement.
Elle s’applique aussi, par extension, aux époux, gendres et belles-filles et expose, en cas de non-respect, au délit d’abandon de famille, puni d’une amende de 15 000 € et de deux ans d’emprisonnement.
Lorsqu’un parent est l’auteur d’abus – sexuels, physiques, négligence ou abandon – demander à la victime de l’aider est inconcevable.
C’est précisément ce que dénoncent Alicia Ambroise et Marine Gatineau Dupré – fondatrice du collectif Porte Mon Nom – qui ont créé, en 2024, Les Liens en Sang pour informer quant à l’obligation alimentaire, soutenir les personnes concernées et initier une réforme de la loi actuelle.
Alicia Ambroise (gauche) et Marine Gatineau Dupré (droite), fondatrices du collectif Les Liens en Sang qui se bat pour faire évoluer la loi sur l’obligation alimentaire en cas de…
Auteur: Louis Laratte

