Des CRS sur les pistes de ski, des odeurs de lacrymo sur les plages. À Briançon comme à Calais, ce ne sont ni la montagne ni la mer qui tuent, mais bien des politiques migratoires racistes et néocoloniales.
Depuis novembre 2015, le renouvellement des frontières intérieures françaises par les gouvernements français successifs intensifie la militarisation à la frontière franco-italienne : drones, motoneiges, jumelles thermiques… tout l’arsenal sécuritaire y est déployé. Ces politiques migratoires répressives donnent lieu à des pratiques illégales et inhumaines : courses-poursuites dans la montagne, refoulements, demandes d’asile ignorées, enfermements abusifs, épuisement des personnes qui tentent la traversée à plusieurs reprises… Le col de Montgenèvre, station de ski internationale, est un lieu touristique pour certaine.x.s, mortel pour d’autres. Depuis 2018, on compte au moins 11 personnes mortes, des centaines de blessé.e.x.s, et au moins 5 disparu.e.x.s.
À la frontière franco-britannique, les politiques actuelles rendent la traversée de la Manche encore plus mortelle, que ce soit par camion ou par bateau. Là aussi, la militarisation est extrême, et des pratiques gravissimes, illégales et inhumaines sont observées. La police lacère les bateaux, lance du gaz lacrymogène sur les embarcations, laisse les personnes trempées et traumatisées sur les plages. Au lieu de les prendre en charge, elle les harcèle jusque dans les camps, où les expulsions sont quotidiennes. L’année 2024 a été la plus meurtrière, avec 89 personnes mortes, sans parler des personnes disparues.
Ici aussi, en Suisse, les refoulements sont quotidiens entre le Tessin et l’Italie. Par exemple, rien qu’à Genève, chaque FlixBus est contrôlé à la douane de Bardonnex, et un centre de renvoi flambant neuf vient d’ouvrir près de l’aéroport.
Aujourd’hui, l’Europe est devenue une forteresse où l’externalisation des frontières…
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