« All We Imagine As Light », libération douce



All We Imagine As Light / Payal Kapadia / 1h55.

All We Imagine as Light s’ouvre sur des images documentaires de Mumbay et de ses quartiers surpeuplés, qui attirent des masses d’Indiens issus pour certains de régions lointaines, venant ici chercher du travail, comme le rapportent en voix off des anonymes. « Mumbay absorbe le temps », dit l’un d’eux, comme si la cité était en elle-même une force écrasante, terrassante.

Puis on entre dans la fiction en suivant trois femmes. Ce sont d’abord Prabha (Kani Kusruti) et Anu (Divya Prabha), colocataires et collègues infirmières à l’hôpital. La première a été mariée il y a déjà longtemps à un homme qu’elle connaissait à peine et qui peu après la cérémonie est parti travailler en Allemagne, d’où il ne donne plus de nouvelles. Pour autant, Prabha ne s’autorise aucune vie affective. Anu, encore très jeune, connaît avec Shiaz (Hridhu Haroon) un grand amour interdit : s’ils l’apprenaient, ses parents rejetteraient immédiatement le jeune homme car il est musulman. La troisième femme est leur amie, Parvaty (Chhaya Kadam), cuisinière à l’hôpital, menacée d’expulsion de son domicile depuis la mort de son mari car dénuée des papiers nécessaires.

Émancipation

Après un documentaire remarqué, Toute une vie sans savoir (2021), le premier long métrage de fiction de Payal Kapadia s’est vu attribuer à Cannes le prestigieux Grand Prix. C’était saluer une œuvre montrant avec subtilité la condition de femmes dans une grande ville indienne, sans spectacularisation inutile ni dolorisme. Pourtant, la cinéaste n’édulcore pas les contraintes sordides que la norme sociale et morale en vigueur fait peser sur ses personnages. Le noir de la nuit souvent pluvieuse de Mumbay, ton dominant la…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Christophe Kantcheff

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