Les élections européennes, comme d’autres élections dites « intermédiaires », articulent enjeux nationaux et européens. Européens, car à de rares exceptions près, les programmes politiques proposés par les partis en lice énumèrent un ensemble de mesures qu’ils entendent défendre à Strasbourg. Nationaux car les candidats, les journalistes et les électeurs, pour partie, mettent en avant des questions strictement nationales.
C’est évidemment le cas en France, mais également en Allemagne, où la compétition politique autour des élections européennes de 2024 fait émerger au moins trois enjeux nationaux, alors que les élections fédérales se dérouleront l’année prochaine :
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la difficulté des partis de la coalition gouvernementale (SPD, Grünen, FDP) à mobiliser leurs électeurs ;
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le renouveau électoral attendu de la CDU post-Merkel ;
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la place prise par l’AfD, un parti d’extrême droite qui continue de bousculer le système partisan allemand.
Un sondage publié au début du mois de mai montre en effet que la CDU/CSU recueillerait environ 30 % des suffrages, suivie de l’AfD, des Grünen et du SPD avec environ 15 % chacun.
La CDU saisie par l’émergence de l’AfD
Les élections européennes à venir surviennent dans une période politique mouvementée pour l’Allemagne. En 2017, l’AfD a effectué une entrée spectaculaire au Bundestag après seulement quelques années d’existence, devenant immédiatement le premier parti d’opposition au Bundestag et transformant considérablement l’institution parlementaire par sa stratégie de conflictualisation.
Deux ans plus tard, il parvient à envoyer onze députés européens à Strasbourg, en atteignant près de 11 % des suffrages exprimés aux européennes. Ces élus rejoignent le groupe Identité et Démocratie, où siègent également les députés du Rassemblement national, du Vlaams Belang belge, du FPÖ autrichien ou de la Lega en Italie.
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Auteur: Martin Baloge, Maître de Conférences en Science politique, Institut catholique de Lille (ICL)

