L’ambiance était à la célébration vendredi 6 septembre dans la nouvelle synagogue de Potsdam. Deux mois après son inauguration en grande pompe, cet immense centre religieux et culturel situé dans le centre historique de la capitale du Brandebourg, proche de Berlin, célébrait son premier shabbat. Un moment symbolique pour les quatre communautés juives locales et bigarrées, parlant le russe, l’allemand et l’hébreu, qui ont uni leurs forces dans ce projet commun symbolique du renouveau du judaïsme en Allemagne.
La question de la sécurité
« C’est un moment important mais cela représente aussi d’énormes défis logistiques » reconnaît Ud Josse, chef d’orchestre israélo-allemand et président de la communauté synagogale de Potsdam. Accueil des invités, organisation du repas pris en commun… Au-delà de la célébration se pose évidemment la question de la sécurité.
« Le niveau ne peut pas être plus élevé » nous explique-t-on à l’accueil. Présence policière, système de caméras et de doubles portes créant un sas, les participants devaient être annoncés à l’avance, ce vendredi, sans exception. « Cela ne plaît pas à tout le monde mais c’est nécessaire », confirme le responsable de la sécurité.
En ce jour de shabbat, on tente en tout cas de ne pas trop penser à la récente tentative d’attentat, jeudi 5 septembre, contre le consulat israélien à Munich par un jeune Autrichien radicalisé. « Nous n’avons pas peur mais nous faisons toujours attention en venant à la synagogue », explique une mère de quatre enfants, courant dans les allées, mais ne voulant pas donner son nom.
La kippa sous une casquette
« À chaque fois que nous sortons, nous montrons le moins possible notre identité juive», précise-t-elle. «Les enfants cachent leur kippa sous une casquette. On ne peut rien faire de plus ». Mais de là à s’abstenir de venir à la synagogue, pas question. « Quand même pas !…
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Auteur: Delphine Nerbollier (à Potsdam)

