Il y a un peu plus d’un an, l’indéboulonnable président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, scellait sa victoire face à l’Arménie. Au lendemain d’un blocus de dix mois, son armée avait envahi les territoires du Haut-Karabakh. Presque exclusivement d’origine arménienne et de confession chrétienne, les 120 000 habitants de cette petite enclave ont ainsi été poussés à l’exode.
Du 11 au 22 novembre, la capitale de ce pays du Caucase accueillera la 29e COP du climat. Dans cet entretien à Reporterre, Anahita Akopian, présidente du Comité de défense de la cause arménienne, appelle à annuler d’urgence la tenue de ce rendez-vous. À ses yeux, se rendre à Bakou légitime les « atrocités » commises sur son peuple.
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La Franco-Arménienne dénonce en outre la torture subie par des prisonniers, à quelques kilomètres de la COP : « Comment peut-on accepter de participer à cette grande opération de greenwashing en sachant cela ? »
Reporterre — Le mécanisme des Nations unies pour choisir le pays hôte a été établi en décembre 2023. Autrement dit, moins de trois mois après que l’Azerbaïdjan ait envahi le Haut-Karabakh.
Anahita Akopian — L’Organisation des Nations unies (ONU) se discrédite elle-même. Elle met des bâtons dans ses propres roues. D’un côté, la Cour internationale de justice condamne l’Azerbaïdjan. De l’autre, un de ses organes lui offre une vitrine exceptionnelle. Cette dissonance est hallucinante. Dans tous les classements internationaux, comme ceux d’Amnesty International, l’Azerbaïdjan figure parmi les pires pays — à côté de la Corée du Nord — en matière de droits humains. Comment peut-on se plaindre que le droit international ne soit pas respecté, si l’on ouvre grands les bras à ces dictatures ?
Cette offensive de l’armée azerbaïdjanaise était-elle…
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