Voilà plus de cent ans que l’Australie accorde une grande importance à ses capacités sous-marines. En signant en 2021 l’accord AUKUS, elle s’est lancée dans un projet colossal, dont la mise en œuvre rencontre dernièrement de nombreuses difficultés.
En septembre 2021, l’accord AUKUS est annoncé au grand jour. Ce partenariat stratégique entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis (d’où l’acronyme choisi pour le désigner) porte sur l’acquisition par Canberra d’une dizaine de sous-marins à propulsion nucléaire de fabrication américano-britannique – au grand dam de la France.
L’histoire de la force sous-marine australienne n’a été que rarement mentionnée dans cette affaire, alors qu’elle constitue un facteur clé pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce partenariat tripartite.
Une histoire ancienne semée d’embûches
L’Australie, en dépit d’une base militaro-industrielle assez limitée, d’un éloignement géographique relatif vis-à-vis de ses alliés occidentaux et d’un territoire faiblement peuplé – trois éléments n’en faisant pas un acteur naturel dans le domaine complexe et coûteux des sous-marins –, dispose de plus d’un siècle d’expérience en la matière.
En 1914, durant la Première Guerre mondiale, qui sévit aussi en Océanie, le pays reçoit sa première capacité sous-marine avec la livraison par le Royaume-Uni de deux sous-marins de type « E-class ».
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L’un d’eux disparaît, la même année, lors de la campagne contre la base allemande de Rabaul (aujourd’hui en Papouasie-Nouvelle-Guinée). Le second est rapatrié en Europe et utilisé durant la campagne de Gallipoli.
Une deuxième tentative est initiée en 1919, avec la livraison de six sous-marins…
Auteur: Benjamin Blandin, Doctorant en relations internationales, Institut catholique de Paris (ICP)

